« Ça va ça va » : Camille Chamoux fait le bilan sur sa santé mentale et physique avec une belle autodérision

À la question : « Vous allez bien ? », Camille Chamoux répond Ça va ça va, dans une nouvelle création inventive et pleine d’autodérision, intitulée ainsi.

Ça va ça va de Camille Chamoux © Jean Louis Fernandez

Après Née sous GiscardL’esprit de contradiction et Le temps de vivre, Camille Chamoux remonte sur scène et propose non pas un simple one-woman-show, mais un spectacle intime et théâtralisé dont elle a le secret. Plein de fantaisie, il évoque sa santé physique et mentale, ainsi que celle de ses proches. « Moi, jusqu’à il n’y a pas si longtemps, j’étais immortelle », confie-t-elle au début. Mais les temps changent.

À l’orée de la cinquantaine, la comédienne, en pleine possession de son humour mordant, parvient à faire rire en évoquant la fin de vie, celle de ses parents, ou encore la maladie, comme le cancer de sa belle-mère. Après un démarrage un peu laborieux, truffé de généralités, le spectacle prend véritablement son envol lorsqu’elle se confronte sans détour au spectre de notre finitude.

Ça va ça va de Camille Chamoux © Jean Louis Fernandez

Armée de sa plume, tantôt acérée tantôt tendre, la comédienne s’est taillée sur mesure un texte documenté, percutant et osé, qu’elle incarne avec poigne. Elle y établit un rapprochement presque kafkaïen entre la condition humaine et celle des cafards, en soulignant toutefois que, contrairement à eux, notre cerveau nous condamne à avoir pleinement conscience des misères de l’existence. Elle insuffle également du rythme en ponctuant savamment son spectacle d’intermèdes musicaux, d’interventions d’une fausse spectatrice déjantée et de prises de parole de docteurs ou de philosophes sur France Inter, qu’elle rejoue elle-même. Pas hilarant, mais amusant et brillant, Ça va, ça va exprime avec justesse tout ce que nous n’osons pas avouer quand on nous pose la fameuse question.

Ça va ça va, un spectacle de Camille Chamoux au Théâtre de l’Atelier, à Paris, jusqu’au 26 octobre 2025. Co-mise en sccène : Cédric Moreau – Scénographie et lumières : Nicolas Marie – Musique : Gabriel Mimouni.