Pour célébrer le centenaire de sa disparition, le musée d’Orsay présente une grande exposition consacrée à Mary Cassatt (1844-1926), une artiste impressionniste et féministe qui mérite bien ce coup de projecteur.

« Aucune chaîne n’aurait pu me retenir », déclarait-elle. Une phrase qui résume à merveille le parcours de cette artiste indépendante, mise à l’honneur dans l’exposition Mary Cassatt, l’indépendante, qui réunit plus de 80 tableaux, pastels et estampes.
Plus célèbre aux États-Unis qu’en France
Plus célèbre aux États-Unis, son pays natal, qu’en France, où elle a pourtant réalisé une grande partie de son œuvre, Mary Cassatt reste surtout connue pour ses représentations de mères et d’enfants. Le parcours ne renie évidemment pas cette facette de son travail, mais révèle aussi une femme résolument libre, qui n’a cessé de revendiquer son indépendance, tant financière qu’intellectuelle, dans un monde de l’art largement dominé par les hommes.

Les amis Degas, Pissarro et Morisot
Née dans une famille aisée, Mary Cassatt passe une partie de son enfance à parcourir l’Europe. En 1860, elle entame sa formation à la Pennsylvania Academy of the Fine Arts, à Philadelphie, avant de gagner Paris pour perfectionner sa pratique. Elle y rencontre notamment Edgar Degas, son futur mentor, qui l’encourage à rejoindre le cercle impressionniste. D’abord réticente, elle finit par se rapprocher du groupe et participe même à plusieurs de ses expositions, entre 1879 et 1886. Moins attirée par le paysage que par les portraits et les scènes de la vie quotidienne, Cassatt trace sa propre voie au sein du mouvement, ce qui ne l’empêche pas de nouer des liens forts Camille Pissarro et Berthe Morisot.
L’estampe
En 1890, changement de cap ! Après avoir découvert une exposition consacrée aux estampes japonaises, Mary Cassatt s’empare de cette technique avec brio, comme en témoigne une salle entière. Sa reconnaissance ne tarde pas à dépasser les cercles artistiques parisiens. En 1893, elle est choisie par Bertha Palmer, avec trois autres artistes, pour réaliser une décoration monumentale destinée au pavillon de la Femme de l’Exposition universelle de Chicago. Elle décide de n’y représenter aucun homme, selon elle déjà omniprésente dans l’espace public et la culture.

Une féministe avant l’heure
Tout au long de sa carrière de peintre, Cassatt accorde une place centrale aux femmes, à la maternité et aux liens familiaux. Mais, à partir de 1914, sa vue se détériore au point de la contraindre à abandonner. Elle ne renonce pas pour autant à ses engagements. Elle continue de défendre les droits des femmes, notamment en soutenant le mouvement des suffragettes auquel son amie Louisine Havemeyer adhère, grâce notamment à une vente de tableaux en 1915. Elle s’éteint le 14 juin 1926, au château de Beaufresne, dans l’Oise, mais revit enfin ici !
Exposition Mary Cassatt, l’indépendante au musée d’Orsay, jusqu’au 31 janvier 2027.
Pour en savoir plus sur l’exposition, découvrez notre balade photographique ci-dessous. Bonne visite !











