Après Le Rapport W, infiltré à Auschwitz (2019) et Les grands cerfs (2023), un chef-d’œuvre, Gaétan Nocq s’est plongé dans les abysses pour réaliser Octopolis, un récit didactique, intimiste, de science-fiction et politique : graphiquement impressionnant !

Gaétan Nocq n’a rien perdu de son extraordinaire talent de dessinateur. L’artiste le démontre dans Octopolis qui lui permet de se hisser parmi les grands noms de la BD actuelle. En 2023, avec Les grands cerfs, il s’illustrait aussi bien au dessin qu’au scénario. Alors, nous nous sommes plongés dans cet ouvrage avec enthousiasme pour explorer les abysses aux côtés de Mona.

Depuis sept an, la jeune femme ne parle plus à son père, un chercheur-paléontologue, mais le jour où il disparait, elle se lance à sa recherche sans réfléchir. Cette quête du père la mène à la rencontre de personnages troubles et à la découverte des fonds marins, où semble se tramer des choses pas très claires. Malgré un récit entrecoupé de passages didactiques un brin scolaires, Gaétan Nocq parvient au fil des pages à créer une ambiance inquiétante et envoûtante qui évoque aussi bien Abyss (1989) de James Cameron que Le Grand Bleu (1988) de Luc Besson. Façonnées au pinceau et au pastel, comme toujours dans des dominantes bleues, ses planches sont splendides mais aussi politiques. Elles alertent sur le massacre des fonds marins, résultat d’une exploitation sauvage par l’homme. Abordant plusieurs genres, trop peut-être, Gaétan Nocq noie un peu le lecteur dans son océan pourtant fascinant !

Octopolis – Scénario et dessin : Gaétan Nocq – Pages : 280 – Prix : 30 € – Editeur : éditions Daniel Maghen.



