Musée Réattu : Alfred Latour, la révélation photographique


Ici des figures géométriques, là des motifs végétaux. L’exposition Alfred Latour, regard sur la forme, dévoilée au musée Réattu d’Arles, fait se répondre les textiles et les photographies d’Alfred Latour (1888 – 1964) : une évidence !

Vue de l’exposition Alfred Latour, regard sur la forme © Benoit Gaboriaud

Organisée en partenariat avec le musée des Tissus et des Arts Décoratifs de Lyon, le musée Réattu d’Arles et la Fondation Alfred Latour de Lausanne, l’exposition Alfred Latour, regard sur la forme noue un dialogue fascinant entre le travail photographique d’Alfred Latour et son activité de créateur de motifs pour l’industrie textile. Dans une scénographie colorée, imaginée à la manière d’un patchwork subtile, le parallèle apparaît comme une évidence ! Pourtant, Alfred Latour n’a pas mené ces divers travaux en même temps, comme le rappelle Pierre Starobinski, directeur et chargé des programmes de la Fondation Alfred Latour : « Dans la carrière d’Alfred Latour, la photographie vient après la peinture et la gravure. Il s’engage comme photographe au moment où les outils lui permettent d’avoir la souplesse d’usage qu’il recherche, c’est-à-dire, quand le Leica 3 sort. Il se distingue en ne travaillant qu’avec des films de 12 ou de 24 poses. Cette particularité nous a permis de pouvoir distinguer dans ses archives ses films de ceux de son fils qui utilisera lui des films de 36 poses ». 

Vue de l’exposition Alfred Latour, regard sur la forme © Benoit Gaboriaud

Alfred Latour est avant tout défini comme un peintre, un graveur, un affichiste ou un graphiste français. Pourtant, il se met à la photographie dès la seconde moitié des années 1920. Pierre Starobinski : « En dehors de la petite période où il travaille pour l’Agence de presse Meurisse, il ne gagne pas sa vie avec la photographie. A son époque, peu de lieux exposent de la photographie en France, en Suisse et même partout en Europe. Il va donc ranger ses négatifs et ses quelques tirages d’époque dans une boîte à chaussure. N’étant pas équipé d’une chambre noir, Alfred Latour ne réalisait pas ses tirages, il se tournait pour cela vers un tireur situé à Avignon. Le Président de la Fondation Alfred Latour, son neveu Claude, nous a révélé l’existence de cette boîte en 2012, jugée sans importance. Elle contenait des plaques de verre et des rouleaux de négatifs. Nous avons décidé malgré tout de numériser l’ensemble pour le mettre à l’abri. A ce moment-là, nous nous sommes rendus compte de l’extraordinaire richesse du fond qui est loin d’être infini comme la rumeur le sous-entend. Au total, nous devons avoir entre 1400 et 1600 clichés. Suite à cette découverte, nous nous sommes lancés dans le projet d’une exposition qui s’est concrétisée en 2018, à l’Espace Van Gogh et au musée Réattu, à Arles. A cette occasion, deux ouvrages, Alfred Latour, les gestes d’un homme libre et Alfred Latour, photographies. Cadrer son temps ont été publiés chez Actes Sud. »

Vue de l’exposition Alfred Latour, regard sur la forme © Benoit Gaboriaud

Du dessin à la photographie, en passant par la gravure, la peinture et les maquettes de textiles et de tissus, le parcours met en perspective les liens intrinsèques entre les différents moyens d’expression de l’artiste, à travers quatre chapitres : Végétal et Nature, Lignes et Traces, Noir & Blanc et Couleur, et Géométrie et Abstraction. Ainsi, l’exposition dévoile l’œuvre protéiforme de l’artiste et son processus créatif, sous un angle jamais abordé ! 

Vue de l’exposition Alfred Latour, regard sur la forme © Benoit Gaboriaud

Exposition Alfred Latour, regard sur la forme au musée Réattu d’Arles, jusqu’au 6 octobre 2024.

Pour en savoir plus sur l’exposition découvrez notre balade photographique ci-dessous, bonne visite !