Adulé dans les pays anglo-saxons mais moins connu en France, John Singer Sargent (Florence, 1856 – Londres, 1925) investit le musée d’Orsay, accompagné de sa célèbre Madame X, le temps de l’exposition-événement John Singer Sargent. Éblouir Paris. Nous vous en dévoilons trois œuvres majeures parmi une production très hétérogène.
Modèle masculin couronné de laurier, Jeune homme en pleine rêverie et Tête de modèle masculin, vers 1878

Ayant grandi en Italie, où il est né en 1856, John Singer Sargent s’intéresse particulièrement aux modèles masculins de type méditerranéen, comme en témoignent ces trois peintures du même modèle brun ténébreux réalisées vers 1878, alors qu’il n’a que 22 ans. Audacieuses car d’une grande sensualité, elles portent l’empreinte de l’enseignement que l’artiste a reçu auprès de son maître Carolus-Duran et s’inscrivent dans la tradition de la peinture alla prima, où le pinceau est chargé de couleur, la touche fluide et rapide, et les volumes construits par des contrastes de tons.
Un portrait, dit aussi Le Docteur Pozzi chez lui, 1881

On ignore si l’idée de ce portrait vient du peintre ou du modèle, mais John Singer Sargent, comme beaucoup d’autres, admirait Samuel Pozzi (1846-1918) : grand séducteur incontournable du Tout-Paris de la Belle Époque, mais aussi chirurgien pionnier de la gynécologie, esthète et collectionneur. En le représentant chez lui en simple robe de chambre, il instaure une troublante intimité avec cet homme et en révèle, avec audace, les charmes.
Madame X, 1884

Considéré comme la « Joconde » de la collection d’art américain du Metropolitan Museum of Art à New York, le portrait de Madame X revient enfin à Paris. Une aubaine ! Sargent écrivait à son sujet en 1915 : « Je suppose que c’est la meilleure chose que j’ai faite. » Pourtant, l’œuvre fut à l’origine d’un scandale… aujourd’hui amusant. À l’époque, l’une des bretelles du modèle, la mondaine Virginie Gautreau, tombait nonchalamment de son épaule. La posture de la tête, de profil et hautaine, la pâleur presque cadavérique de la peau et, surtout, cette bretelle jugée symbole de mœurs légères furent décriées au Salon des artistes français de 1884. Pire la peinture fut moquée dans de nombreuses caricatures, entachant durablement la carrière de l’artiste qui rectifia pourtant le tir pour apaiser les esprits, en remettant la bretelle bien en place sur l’épaule.
Exposition John Singer Sargent. Éblouir Paris au musée d’Orsay jusqu’au 11 janvier 2026.
Pour en savoir plus sur l’exposition, découvrez notre balade photographique ci-dessous, bonne visite !













