Interview. Klon : « Le nouveau genre, c’est la fin du genre »

Alors rappeurs pour certains d’entre eux, ils se sont rencontrés sur les bancs du lycée, à Melun dans le 77, et font aujourd’hui vibrer l’hexagone. D’un nouveau genre, Klon est un collectif de 7 artistes, 7 personnalités différentes au service d’un rêve commun : la liberté. Polychrome et espiègle, le groupe s’affranchit des étiquettes et marche à l’instinct. « Nouveau genre », leur premier EP teinté de pop new-wave 2.0, insuffle un vent de fantaisie sur la scène française et fait un bien fou. Nous sommes allés à leur rencontre, à la cool !

Klon ©B. Gaboriaud

Klon se prononce clone, pourquoi avoir choisi ce nom ?

Klon : « Klon signifie clone en allemand. Nous sommes tous différents, mais nous partageons la même vision. Nous vivons ensemble depuis quelques années. Nous avons presque la sensation d’avoir fusionné et d’être une seule entité. Klon symbolise l’unité et le fait que nous sommes liés. Dans les sonorités, Klon ressemble à clan, mais après avoir choisi ce nom, nous avons appris que ça signifie aussi « jeune pousse » en grec ancien, et ça nous correspond très bien. Il y a aussi un peu d’ironie dans ce nom car nous sommes contre le clonage et l’uniformisation de la société ».

« Nouveau genre », extrait du premier EP de Klon « Nouveau genre »

Ce nouveau genre ne symboliserait-il pas la fin du genre, l’abolition des étiquettes qui visent à tout simplifier ?

Klon : « Effectivement ! Notre nouveau genre refuse la catégorisation. Il ne faut pas y voir une revendication sexuelle ou musicale. La chanson « Nouveau genre » dit : « Je suis ni Bowie, ni Rocky ». Cela signifie que nous ne nous reconnaissons pas dans les clichés du mec viril ou efféminé. Nous pouvons être les deux. Un seul mot ne correspond pas forcément à qui on est, on peut être plein de choses différentes. Nous voulons juste être nous-mêmes et avoir la possibilité d’évoluer. L’être humain est organique et extrêmement complexe. L’organisme n’a rien de binaire, alors pourquoi simplifier ? On peut être hippie et punk en même temps ! Le nouveau genre représente la diversité, nos différences au sein de notre groupe. Nous n’avons pas reçu la même éducation et nous n’avons pas le même passé. Le nouveau genre n’est pas un autre genre, c’est la fin du genre ».

Klon ©Adriana Pagliai

La danse semble importante pour vous. Vous dites « Quand on danse, on existe » dans la chanson « 3ème piste ». Cette phrase pourrait être le slogan de « Nouveau genre » ?

Klon : « La danse est l’expression de soi qu’on contrôle le moins quand on se laisse aller. Pour nous, la danse est une forme de liberté. A travers notre musique, nous voulons donner aux gens la possibilité de se libérer et d’exister tels qu’ils sont. La danse est aussi un bon moyen de partager la musique. Notre musique est dansante par essence. Nous adorons ça. »

« west », extrait du dernier EP de Klon « Nouveau genre »

Dans « Nouveau genre », on trouve plusieurs références à la Californie, « Santa Barbara » et « West », un hasard ?

Klon : « Oui totalement ! Ce n’était pas calculé. « West » fait référence à l’expression « être à l’ouest ». Pour nous, « être à l’ouest » est plutôt positif, c’est une façon d’échapper à la réalité, de se donner les moyens de rêver. « West » et « Santa Barbara » ne font pas références aux zones géographiques mais plus à l’image qu’ils renvoient : le soleil et le californian dream. Tout y semble possible ».

« Santa Barbara », extrait du dernier EP de Klon « Nouveau genre »

Dans « Black suit », vous chantez en plusieurs langues, français, anglais et allemand. Cela pourrait symboliser votre envie de briser les frontières ?

Klon : « En fait, nous ne nous fixons aucune règle, aucune limite. Nous trouvions juste cool de mettre de l’allemand à ce moment là, ça collait bien avec l’ADN du son. Il y a ce côté cosmopolite parce que nous voulons rassembler, fédérer et traverser les frontières. Nous réagissons de manière très impulsive. Quand quelqu’un propose quelque chose qui nous fait tous kiffer, c’est que c’est bon, nous le gardons. Au début, nous n’intellectualisons pas. Nous nous laissons guider par nos émotions. La magie du groupe n’opère que quand nous laissons toute la place à la spontanéité ».

Nouveau genre, le premier EP de Klon