« Grand Silence », un conte, fort et nécessaire, d’une grande délicatesse

Comment parler de pédophilie une fois de plus, mais jamais une fois de trop ? Avec « Grand Silence », Théa Rojzman a opté pour l’universalité et le conte, original et fort !

« Grand Silence » de Théa Rojzman et Sandrine Revel ©Glénat 2021

Théa Rojzman n’a pas voulu parler d’elle ou de ses amis pour aborder le sujet de la pédophilie, elle a choisi l’angle du conte. Son roman graphique « Grand Silence » se révèle d’une grande délicatesse sans contourner le sujet.
Sur une île non identifiée, une usine géante située au sommet d’une montagne qui domine la ville principale renferme les non-dits et les cris des enfants abusés sexuellement. Elle a été baptisée Grand Silence et fait l’affaire des prédateurs. Hommes politiques, pères de famille ou enseignants, ils avancent ainsi librement sous le regard aveugle des directeurs d’école ou des dirigeants peu enclins à mettre les mains dans le cambouis, jusqu’au jour où une victime va saboter cette maudite usine.

« Grand Silence » de Théa Rojzman et Sandrine Revel ©Glénat 2021

Particulièrement original et sublimé par le dessin de Sandrine Revel, le récit de Théa Rojzman prend aux tripes. Le choix du conte n’édulcore jamais le propos et le rend même universel, en ce sens où chaque cas est unique mais pas à part !