Très attendu sur la scène du Théâtre de la ville de Paris, Dimitris Papaioannou y dévoile INK, un ovni théâtrale apocalyptique et érotique.
Deux hommes, l’un d’âge mur (Dimitris Papaioannou), habillé en noir, chemise et pantalon, l’autre entièrement nu (Šuka Horn), jeune et musclé, au corps d’Apollon, mais aussi une pieuvre, un nouveau né et beaucoup d’eau ! Du liquide amniotique ? Un père et son fils ? Se jouerait-il devant nous une rivalité ? Une éducation ? Parfois violentes mais toujours poétiques, les images d’une beauté saisissante que créé ici Dimitris Papaioannou suscitent beaucoup d’interrogations, mais il semblerait qu’entre apocalypse et érotisme, s’engage devant nous une lutte entre l’ancien et le renouveau, entre nature et culture…

Telle une œuvre somme de toutes les obsessions de son créateur, INK se veut être une métaphore de l’existence. L’action se déroule au cœur du néant, à l’intérieur d’un trou noir envoutant, dans lequel résonne le bruit de l’eau et s’affrontent deux hommes, beaux. De leurs luttes se dégage une sensualité homo-érotique d’une esthétique inventive, via des jeux de reflets, de lumières et de flous, dans lesquels le chorégraphe plasticien excelle. Puis, la scène vire au cauchemar hypnotisant quand les protagonistes commencent à se dévorer, doit-on y voir une métaphore de la domination absolue ? Onirique mais confus, ce duel à l’amour, à la mort fascine autant qu’il déroute !

INK de Dimitris Papaioannou avec Dimitris Papaioannou et Šuka Horn, au Théâtre de la ville de Paris, jusqu’au 15 mai 2024.
