Le Musée de l’Orangerie poursuit sa série consacrée au marché de l’art, inaugurée en 2023 avec Modigliani, un peintre et son marchand, en mettant cette fois-ci en lumière Berthe Weill, grâce à l’exposition Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde.

En cette fin d’année, les œuvres de Pablo Picasso, Henri Matisse, Diego Rivera ou encore Amedeo Modigliani côtoient, au Musée de l’Orangerie, celles d’Émilie Charmy, de Pierre Girieud et d’Otto Freundlich, réveillant ainsi le formidable souvenir de la galerie de Berthe Weill. Mais qui était-elle ?
Née en 1865 à Paris, où elle décède en 1951, Esther Berthe Weill grandit au sein d’une famille juive alsacienne modeste, parmi six frères et sœurs. Très tôt, elle fait son apprentissage chez l’antiquaire Salvator Mayer, qui lui enseigne le commerce de l’art, en particulier celui des gravures du XVIIIᵉ siècle. Mais elle s’intéresse rapidement aux artistes de son temps, comme Pablo Picasso et Henri Matisse, dont elle est la première à vendre les toiles.

En 1901, elle ouvre une galerie au 25, rue Victor-Massé, dans le quartier de Pigalle, au bas de Montmartre. Elle y organise notamment la première et unique exposition de Modigliani de son vivant, en 1917. Elle participe également à la reconnaissance du fauvisme en montant régulièrement des expositions du groupe d’élèves de Gustave Moreau réunis autour de Matisse. Un peu plus tard, elle s’engage auprès des cubistes et des artistes de l’École de Paris, pour défendre l’éclosion de nouvelles formes artistiques tout en luttant contre le conservatisme et la xénophobie.

Engagé artistique et politiquement, elle soutient aussi des femmes artistes encore peu reconnues, comme Émilie Charmy, « amie d’une vie », mais aussi d’autres plus en vue, à l’instar de Suzanne Valadon. La belle histoire se termine en 1941, à une période sombre ! La galerie, alors nichée au 27, rue Saint-Dominique, ferme définitivement ses portes après avoir présenté des centaines d’expositions et plus de trois cents artistes.
Ce parcours remet en lumière une galeriste visionnaire et essentielle, et permet aussi de (re)découvrir quelques chefs-d’œuvre, comme La Chambre bleue (1901) de Picasso, venue tout spécialement de la Phillips Collection, à Washington, D.C., ou encore Nus de garçons [dit aussi Garçons assis] (1907), provenant du musée Janus-Pannonius, en Hongrie. Une véritable aubaine !
Exposition Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde au Musée de l’Orangerie à Paris, jusqu’au 26 janvier 2026.
Pour en savoir plus sur l’exposition, découvrez notre balade photographique ci-dessous, bonne visite !




