Ben Duke rend hommage à Nina Simone

Ben Duke et le Ballet Rambert présentent deux pièces au Théâtre de la ville de Paris, convoquant danse, jazz et théâtre : lynchien mais inégal !

Cerberus et Goat – Bande annonce

Ben Duke et le Ballet Rambert dévoilent Cerberus et Goat, une nouveauté et une reprise, au Théâtre de la Ville de Paris. Passons sur la première, une tragi-comédie inspirée des amants séparés par le Styx et de la bête gardienne du fleuve des ténèbres, qui se veut une descente aux enfers… un peu brouillonne. En revanche, pour qui le découvre, Goat se révèle être un bel hommage Lynchien à Nina Simone, on y retrouve des clins d’œil à Twin Peaks: Fire Walk with Me (1992) et Mulholland Drive (2001). Le réalisateur américain avait d’ailleurs clôturé son dernier film en date Inland Empire (2006) par la chanson Sinnerman. A l’inverse de la danse-théâtre de Pina Bausch, Ben Duke cultive le théâtre-danse, et c’est dans ce second registre qu’il brille le mieux. Goat contient quelques tableaux flamboyants portés par seize interprètes remarquables : une danse de la mort fascinante de Jonathan Wade, un duo en forme de baiser homosexuel, poétique et gracieux, et une inclusion spectaculaire de Musa Motha, performeur unijambiste. Dans cette pièce un brin surréaliste et inspirée de la relation si vivante entre Nina Simone et son public, Ben Duket nous fait assister à un rituel étrange, un sacrifice artistique magnifié par une musique live et la voix de Nia Lynn. A la manière du Sacre du printemps, la foule entre dans une transe communicative, malheureusement gâchée par un personnage de trop, celui d’une journaliste mal interprétée ! Mais de belles images subsistent !

Ben Duke – Goat © Camilla Greenwell

Cerberus et Goat de Ben Duke et le Ballet Rambert au Théâtre de la ville jusqu’au 20 février 2024. Avec : Adél Bálint, Aishwarya Raut, Alex Soulliere, Angélique Blasco, Hannah Hernandez, Antonello Sangirardi, Cali Hollister, Conor Kerrigan, Dylan Tedaldi, Jonathan Wade, Joseph Kudra, Max Day, Musa Motha, Naya Lovell, Simone Damberg-Würtz et Seren Williams.