Comment Pontus Hultén a-t-il participé aux succès Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely ?

La grande exposition Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely, Pontus Hultén met en lumière des moments clés de la carrière du couple mythique, uni par des liens artistiques indéfectibles et une vision commune de l’art comme acte de rébellion contre les normes établies.

Vue de l’exposition Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely, Pontus Hultén au Grand Palais, avec le Centre Pompidou © Centre Pompidou, Hervé Véronèse

Organisée au Grand Palais, cette exposition inaugure la collaboration entre le Centre Pompidou et la Rmn – Grand Palais durant la fermeture pour rénovation du site de Beaubourg. Mais que vient faire Pontus Hultén, moins connu du grand public, dans ce trio de tête ? Cet historien de l’art d’origine suédoise a été un acteur déterminant de la reconnaissance institutionnelle de Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely. Il a soutenu l’acquisition de plusieurs de leurs œuvres majeures et notamment organisé leurs rétrospectives au Centre Pompidou, celle de Saint Phalle en 1980, puis celle de Tinguely en 1988.

Vue de l’exposition Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely, Pontus Hultén au Grand Palais, avec le Centre Pompidou © Centre Pompidou, Hervé Véronèse

Mais son rôle va bien au-delà. Dès 1966, alors qu’il dirige le Moderna Museet de Stockholm, Hultén propose au duo de réaliser Hon – en katedral, une œuvre monumentale : une gigantesque Nana allongée sur le dos, jambes écartées, genoux relevés, offrant son sexe comme porte d’entrée au public. En 1977, il leur offre un nouvel espace d’expérimentation avec Le Crocrodrome de Zig & Puce, toujours au Centre Pompidou. C’est encore grâce à lui que Niki de Saint Phalle parvient à achever Le Cyclop, œuvre-totem de Jean Tinguely, après la mort de ce dernier. Ce monstre de métal, ouvert aux visiteurs, enrichi de contributions d’artistes proches, se dresse toujours dans les bois de Milly-la-Forêt, près de Paris. Un documentaire présenté dans l’exposition retrace d’ailleurs les étapes de sa construction.

Vue de l’exposition Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely, Pontus Hultén au Grand Palais, avec le Centre Pompidou © Centre Pompidou, Hervé Véronèse

Ce parcours, aussi féerique que politique, rassemble des œuvres cultes, mais aussi des pièces dynamiques qui s’animent à intervalles réguliers, comme par enchantement. Dans ce labyrinthe joyeusement foutraque, s’entrelacent art, amour, amitié et engagement, révélant la dimension utopique et provocatrice partagée par ces trois figures inséparables de l’avant-garde.

Vue de l’exposition Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely, Pontus Hultén au Grand Palais, avec le Centre Pompidou © Centre Pompidou, Hervé Véronèse

Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely, Pontus Hultén au Grand Palais, à Paris, jusqu’au 4 janvier 2026.